La Germanie Supérieure

Carte de la Germanie sans la Rome Antique

Carte de la Germanie sans la Rome Antique

La Germanie Supérieure, ou Haute Germanie, était une province de l'Empire Romaine. Elle était composée de 3 grandes régions : la Suisse de l'Ouest, le Jura et l'Alsace en France puis l'Allemagne du Sud-Ouest. Les 4 grandes villes importantes de cette province étaient : Besontio, Argentoratum, Aquae Matiacae et la capitale de la Haute Germanie Mogontiacum. Elle comprenait le Rhin Moyen, en bordure des Limes de Germanie, ainsi que la province alpine de Raetia au sud-est. Bien qu'elle ait été occupée militairement depuis le règne d'Auguste, la Germanie Supérieure (ainsi que la Germanie Inférieure) n'a pas été province officielle avant l'an 85 de notre ère.

Premiers signes romains

Les termes de Haute Germanie et de Basse Germanie ne sont pas apparus pendant les Guerres gallo-romaines de Jules César mais il écrit sur les rapports que les gens qui vivaient dans ces régions ont été appelés Germani, un terme utilisé pour designer une tribu que les Romains appelaient les Germanis Cisrhenani, et dont le nom Germania semble avoir été tiré pour désigner d'autres tribus indigènes de la région germanique. La Basse Germanie été occupée par les Belgae (Belges), une grande confédération de tribus vivant au nord de la Gaule. La Germanie Supérieure était occupée par des tribus gauloises, qui comprennaient les Helvétii, Sequani, Leuci et Treveri, et sur la rive nord du Rhin moyen, le reste des troupes germaniques qui avaient tenté de prendre Vesontio sous Ariovistus, mais qui furent battus par César en 58 avant JC.

Les Romains n'ont ensuite plus abandonné cette région. Au cours d'une période de cinq ans pendant les premières années de son règne (28-23 av. J.-C.), comme Cassius Dio nous le dit (53.12), Octave César assumait la direction directe des grandes provinces sénatoriales à cause des problèmes d'insurrection et commandait seul les troupes nécessaires pour rétablir la sécurité.

Au milieu de ces provinces indépendantes se trouvait la Germanie Supérieure. Selon les écrits, celle-ci serait devenu province dans les dernières années de vie de la République Romaine. Tacitus la mentionna également en tant que province de la Germanie Supérieure dans ses annales. Cassius Dio voyait les tribus germaniques comme des Celtes, sûrement influencé par la belgique qui était alors le nom officiel de la Basse Germanie. Dio ne faisait aucune mention de la frontière mais il voyait la Haute Germanie comme s'étendant jusqu'à la source du Rhin.. On ne sait toujours pas si celui-ci avait pris connaissance de l'existence du Rhin Supérieur en Suisse en amont du lac de Constance. De nos jours la partie du Rhin qui coule à travers la Germanie Supérieure s'appelle le Rhin Moyen.

Les limites de l'Empire

Auguste avait prévu d'intégrer tout le centre de la Germanie dans une seule province : Germania Magna. Ce projet a été stoppé net par les membres des tribus germaniques lors de la bataille de la forêt de Teutoburg. Auguste a décidé de limiter l'Empire à la frontière du Rhin-Danube. Par la suite, un conflit continuel prévaut le long de cette ville, forçant les Romains à mener des expéditions punitives et à fortifier la Germanie Supérieure.

En 12 av. J.-C., des bases majeures existaient à Xanten (Castra Vetera) et Mainz (Mogontiacum), d'où Drusus opérait. Un système de forts s'est progressivement développé autour de ces bases. En 69-70, toutes les fortifications romaines le long du Rhin et du Danube furent détruites par les insurrections germaniques et la guerre civile entre les légions. À la fin de cette violente mais brève tempête sociale, ils furent reconstruits encore plus grands qu'avant avec une route reliant Mayence et Augsbourg (Augusta Vindelicorum).

L'empereur Domitien est allé en guerre contre les Chattes en 83-85, qui étaient au nord de Francfort (en Hesse). À ce moment, la première ligne, ou frontière fortifiée continue, a été construite. Il s'agissait d'une zone d'observation dégagée, protégée d'une palissade quand c'était possible et agrémentée de tours de guet ainsi que de forts en bois aux différents accès. Une route romaine traversait l'Odenwald et un réseau de routes secondaires reliait tous les forts et les tours de guet.

Une stratégie défensive

Le plan qui régissait le développement des limes était relativement simple. D'un point de vue stratégique, l'Agri Decumate, ou région entre le Rhin et le Danube, offrait un renflement dans la ligne entre les Celtes et les Germains, que les germaniques avaient essayé d'exploiter sous Ariovistus. Le renflement a divisé en deux les colonies celtiques densément peuplées le long de l'ensemble du système fluvial. Les forces envahissantes pourraient remonter par la Forêt Noire. Les ouvrages romains défensifs coupent donc la base du renflement, bloquant le corridor protégé et raccourcissant la ligne de front.

Le point de voute de ce système était le renflement à Mogonticum où les ressources stratégiques était entreposées. Les forts qui se trouvaient dans la forêt était peu défendus et était souvent brûlés par les Alamanni. Les légions romaines, ayant eut vent de ce mouvement, lancèrent des actions punitives et préventives depuis Mainz, Argentoratum ou Augsburg.

L'ensemble du système ne pouvait réussir que si de fortes concentrations de troupes étaient maintenues à Mayence. Les défenses fixes à elles seules ne suffisant pas à assurer la défense. D'autres forces sont également nécessaires pour l'attaque et la riposte. Au mieux, les défenses fixes servent à avertir ou à retarder jusqu'à ce qu'une contre-attaque puisse être oganisée et lancée.

Dans les années pacifiques subséquentes, les limes ont perdu leur caractère provisoire. De multiples communautés se sont développées autour des forts. En 150, les tours et les bases avaient été reconstruites en pierre. Les soldats vivaient alors dans de bonnes casernes de pierre au sein de murs décorés de fresques. La civilisation germanique avait aussi changé. Là où César avait décrit l'incendie des misérables bûcherons des Suèves qui étaient venus combattre pour Ariovistus, les Chatti et les Alamanni vivaient maintenant dans de confortables villages romanisés autour des limes.

La Germanie Supérieure a été rétablie comme province impériale romaine en l'an 90, en se voyant ajouter de grandes quantités de territoire de Gallia Lugdunensis. Un de ses premiers et plus célèbres gouverneurs fut le futur empereur Trajan, qui gouverna la province de l'an 96 jusqu'à son accession en l'an 98. La zone de peuplement Helvetii est alors devenue une partie de la province de la Haute Germanie.

La fin de la province

Après l'an 400, alors que Rome perdait peu à peu le contrôle de ses provinces septentrionales, les parties sud (suisses) de la Germanie Supérieure furent incorporées au Provincia Maxima Sequanorum avant qu'elles ne fassent partie de la Bourgogne au début du Ve siècle. Les parties septentrionales devinrent alors partie de l'Almannia.

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