La bataille d'Argentoratum

La bataille de Strasbourg, aussi connue sous le nom de bataille d'Argentoratum, s'est déroulée en l'an 357 entre l'armée romaine de l'Ouest sous le commandement de César et la confédération des tribus Alamanes dirigées par le roi Chnodomar. La bataille a eu lieu près de la vile romaine d'Argentoratum (Strasbourg dans l'actuelle Alsace).

Bataille d'Argentoratum

Bataille d'Argentoratum

Bien que surpassée en nombre, l'armée de César remporta une victoire écrasante après une bataille sanglante. Avec des victimes négligeables de leurs côtés, les Romains ont conduit les Alamans au-delà du Rhin, leur infligeant de lourdes pertes. Les forces armées de Julien, l'escorte impériale de Gaule, était de petite taille mais composée de guerriers expérimentés. La bataille a été gagnée grâce aux compétences de l'infanterie romaine qui a pû rattraper les erreurs de la cavalerie.

La bataille fut l'apogée des campagnes de Julien en 355-57 pour expulser les barbares de la Gaule et pour restaurer la ligne de défense romaine fortifiée le long du Rhin, qui avait été en grande partie détruite pendant la guerre civile romaine de 350-53. Dans les années qui suivirent sa victoire à Strasbourg, Julien put réparer et garnir les forts rhénans et rentre tributaire de Rome les tribus germaniques qui étaient postées au-delà de la frontière.

Histoire et sources

C'est en 357 qu'a eu lieu la fameuse bataille d'Argentoratum, ou bataille de Strasbourg, impliquant l'armée romaine de l'Empire Romain d'Occident (ne pas confondre avec l'Empire Romain d'Orient) dirigées par Julien et les forces militaires de la Confédération Tribale Alamane menées par le roi Chnodomar.

Romains et Alamans - Bataille d'Argentoratum

Romains et Alamans - Bataille d'Argentoratum

​Cette bataille décisive arrive à l'apogée de la campagne militaire romaine menée par Julien entre 355 et 357 qui a pour but d'exterminer toutes les incursions des barbares en Gaule et de rétablir, tout le long du Rhin, une ligne de défense renforcée.

​Trois fois plus nombreux que les romains, les Alamans ont été écrasés par les forces armées romaines de Julien après une longue bataille. Ils ont été rejetés au-delà du Rhin et ont subit d'énormes pertes "a contrario" des romains. C'est grâce à la résistance et à la force des troupes romaines que la bataille a été largement gagnée par Julien, malgré des performances plus que mauvaises concernant sa cavalerie. Suite à cette bataille historique, Julien a mis en place des dispositifs de renforcement des garnisons du Rhin et a pu imposer son influence romaine sur toutes les tribus germaniques au-delà des frontières Impériales pour arriver à la Pax Romana.

La source la plus fiable parlant de la bataille, et de la campagne gauloise de Julien (355-360 après J.C), le Rest Gestae d'Ammianus Marcellinus, un historien de l'époque. Ammianus était un soldat grec de carrière qui a rejoint l'armée avant l'an 350 et qui a servi jusqu'en l'an 363. Enrôlé en tant que protecteur, il a servi comme officier d'état-major sous le magistère Equitum Ursicinus pour ensuite servir sous l'empereur Julien lors de la campagne persane. Bien qu'il n'ai pas été présent à la bataille d'Argentoratum, il a eu l'expérience du front gaulois avec son implication dans la répression de la révolte de Claudius Silvanus, le Magister Equitum (commandant en chef) en Gaule en l'an 355. Cependant, son récit révèle une admiration passionnée pour l'empereur Julien et tend même parfois vers l'éloge. Toutefois, vu qu'il a écrit son récit environ 40 ans après la bataille d'Argentoratum, il est fort probable qu'Ammianus ce soit fortement inspiré du mémoire de Julien. Mémoire dont on connaît l'existence sans en avoir retrouvé la trace. Le récit d'Ammianus reflète donc probablement la propagande de Julien. En outre, son écrit est irrégulier dans la qualité d'écriture et expose de nombreux éléments contradictoires.

La Nova Historia de Zosimus de la fin du 5ème siècle, la chronique byzantine Zosimus, traite de la bataille et de la campagne gauloise de Julian de manière sommaire et ajoute peu au récit d'Ammianus. Mais Zosimus est utile parce que son récit de la révolte de Magnentius (350-3) survit, contrairement à Ammianus, qui était contenue dans les 13 livres perdus de son histoire.

Le rhéteur libanais contemporain Libanius a livré l'oraison funèbre de Julien en 363, dont le texte survit. Cela contient quelques détails sur la bataille qui sont absents dans Ammianus, qu'il a probablement appris des membres de l'entourage de Julian. Mais parce que son oraison a été conçu comme un éloge, pas un récit historique, son récit de la campagne de Julian est peu fiable, et la version d'Ammianus doit être préféré là où il ya une contradiction.

L'empereur Julien lui-même publia un mémoire de ses campagnes sur le Rhin perdu. Sa lettre aux Athéniens, tentative de justifier sa rébellion contre son cousin et grand empereur Constance II, contient quelques détails sur les campagnes du Rhin.