Les Haras de Strasbourg: un restaurant et un hôtel étoilés

Les Haras à Strasbourg sous le soleil

Les Haras à Strasbourg sous le soleil

Architecte: Jouin Manku
Lieu: 23 Rue des Glacières, 67000 Strasbourg
Année: 2013

Les Haras de Strasbourg est un projet de restaurant et d’hôtel différent de tout les autres que l’on a l’habitude de voir. Composés d’un hôtel 4 étoiles et d’une brasserie 3 étoiles, les Haras ont été imaginés par Marc Haeberlin qui présente une solution originale à la question de nombreuses villes provinciales: comment redévelopper et exploiter le potentiel de leur patrimoine architectural.

Géré par l’Institut de recherche sur le cancer du système digestif (IRCAD), présidé par le professeur Jacques Marescaux, le projet allie la créativité architecturale et l’innovation technologique, deux domaines particuliers de l’expertise française, avec la philanthropie, un mélange sans précédent pour un projet de réaménagement historique en France.

Conçu par l’Agence Jouin Manku, l’aménagement intérieur de l’hôtel et de la brasserie se caractérise par son authenticité et sa modernité, une idée particulière de luxe et de confort inspirée du monde équestre, restreinte et subtile. Patrick Jouin et Sanjit Manku ont exprimé leur vision de cet ancien lotissement et site historique, dans un design à la fois élégant et simple.

Contexte historique

Construit au milieu du 18ème siècle à Strasbourg, l'ensemble constitue un groupe remarquable de bâtiments dont les façades, les toits, la porte d’entrée monumentale et les grands étages construits dans le style classique sont tous des monuments historiques classés. Fondée en 1621, l’Académie équestre de la ville était au départ une école d’équitation pour les jeunes étudiants français et allemands aisés de l’Université de Strasbourg.

Siège de l’Académie d’équitation de la ville de 1752, le Haras Royal, le Royal Stud, s’installa sur le site en 1756, à la demande du marquis d’Argenson, puis directeur des poteaux nationaux. Fermé pendant la Révolution française, l’Académie d’équitation a rouvert sous Napoléon Ier, seulement pour fermer de nouveau en 1823. Récoltée temporairement en 1830, elle s’est fermée définitivement en 1845; Seul National Stud a continué à occuper le site actuel. En 2005, les chevaux du poteau ont finalement quitté ces bâtiments prestigieux pour la dernière fois.

En 2009, la Ville de Strasbourg a confié la rénovation et la gestion de ce site à IRCAD dans le cadre d’un contrat de réparation et d’assurance complet de 52 ans (Royaume-Uni) ou d’un bail net (US). En 2010, l’IRCAD a commencé à restaurer le site sous les auspices du Ministère français de la Culture, supervisé par la Direction Régionale des Affaires Culturelles, l’Architecte des Bâtiments de France et le Conservateur Régional des Monuments Historiques.

L'architecture des Haras de Strasbourg

Les Haras occupent un poste important dans la ville de Strasbourg. Situé dans la région de la Petite-France, ses bâtiments suivent la ligne des murs médiévaux de la ville, à proximité de l’historique «Hôpital civil». Le bâtiment a trois ailes: le premier comprend la grande entrée originale des Haras et les logements pour le maître équer.

La deuxième aile, perpendiculaire à la première et reculée de la rue des Glacières, abritait autrefois les écuries et les manèges. Le troisième bâtiment, aux côtés de la rue des Greniers, abritait à l’origine les écuries royales. Le groupe de bâtiments a fait l’objet d’un certain nombre de modifications au cours des années, ce qui peut être facilement vu dans l’architecture. C’était la construction des Écuries royales des Haras qui entouraient la cour de son côté nord. Un véritable hôtel à cheval, le bâtiment a accueilli jusqu’à 32 étalons.

La généreuse façade en grès rose d’un seul étage est caractérisée par six arcs moulés en pleine hauteur qui encadrent un portique central. Devant ces grandes étages, s’étendait l’école d’équitation en plein air. En 1752, les premiers bâtiments ont été achevés; L’école intérieure, les écuries et les logements étaient l’œuvre de l’architecte Jacques Gallay.

Les Haras aujourd’hui: un lieu de contrastes, mettant en vedette l’expertise française

En raison de son emplacement, idéalement situé juste à côté de l’hôpital universitaire de Strasbourg et du siège de l’IRCAD, l’idée de ce projet inhabituel est totalement unique. Avec plus de 4000 chirurgiens qui passent chaque année à l’hôpital pour recevoir une formation sur les dernières techniques d’imagerie 3D, l’IRCAD était déjà une véritable vitrine de l’expertise française.

Les Haras représentaient un lieu idéal pour accueillir non seulement les touristes mais aussi les 4000 chirurgiens qui visitaient l’IRCAD chaque année. A la fois maison des chevaux du roi et académie renommée, avec son architecture grandiose et ses espaces inhabituels, le site présente une image attrayante de l’histoire de la France. Le thème de l’excellence est le fil conducteur qui associe tous les participants à ce nouveau projet: Marc Haeberlin, chef étoilé Michelin, Agence Jouin Manku, reconnu internationalement pour ses projets créatifs pour les clients les plus importants, les architectes Denu et Paradon, ainsi que Jean-Pascal Scharf, le célèbre hôtelier de Strasbourg dont l’expérience assure la réussite de ce projet d’hôtel 4 étoiles hors normes.

Chaque participant a été gagné par l’ambition et l’aspect philanthropique de ce projet: le site abrite également un «bio-cluster», un carrefour pour les start-ups biotechnologiques, hébergé et encadré par l’IRCAD. En outre, les revenus générés par le tourisme aideront à financer la recherche de l’IRCAD. Les architectes Denu et Paradon ont restauré le site en accordant une attention toute particulière à la structure globale. Le défi pour Jouin Manku était de rendre ce site moderne et sophistiqué tout en respectant son important patrimoine architectural.

L’approche créative du projet

Le but de Patrick Jouin et Sanjit Manku pour le projet était de proposer une réponse tout à fait contemporaine au site historique: un projet avec une esthétique appropriée et réduite, dont chaque détail faisait référence à la modernité, à la sophistication et au confort. Les façades majestueuses magnifiquement restaurées des bâtiments projettent une image parfaite de l’architecture du XVIIe siècle et parlent de la noblesse des chevaux, ce qui est tout à fait remarquable.

Jouin Manku a choisi de créer un contraste marqué entre l’extérieur et l’intérieur de ces bâtiments en passant de la grandeur classique et l’histoire des façades à un intérieur véritablement contemporain. Il a également utilisé de nombreuses références subtiles sur le monde des chevaux et des écuries qui transmettent l’élégance et la noblesse d’une manière discrète – sans succomber à une référence trop littérale du monde équestre, qui est néanmoins omniprésent.